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___ Il paraitrait, selon Freud, qu'à l'issue d'un combat intérieur, le désir inconciliable peut devenir objet de refoulement, et chassé dans l'inconscient dans le but de s'épargner une grande somme de souffrance. Or, le désir refoulé continu a subsister dans l'inconscient, infligeant a la personne une douleur perpetuelle qu'on ne parvient à identifier. C'est donc ça. Ce petit pincement au coeur à chaque respiration, à chaque regard perdu, à chaque silence.
___ Et alors elle avance, droit devant elle, les yeux ouverts, le coeur fermé, le coeur que pour elle, oui pour elle seule. Non plus personne ne le touche ce coeur, plus personne ne s'en approche, plus personne ne le regarde même, il a été bien trop usé comme ça. Il est déjà bien assez abîmé, ça suffit maintenant, l'inconnu c'est dangereux, l'amour c'est inconnu, alors qu'il reste là où il est, elle n'en veut plus de ça. Et elle prie tout les soirs, oui chaque soir elle prie pour voir s'évader d'elle cette douleur lancinante d'un amour aux cendres perdurantes. Or cet amour n'est plus, ce n'est plus rien, un fond de sentiments encore égarés dans son coeur pour une raison encore ignorée. Comme on dit "Le coeur à ses raisons que la raison ignore", mais la, c'est plus raisonnable, c'est de la sottise, de la bêtise à l'état pure. C'est perséverer dans un chemin où la piste s'est déjà terminée depuis des kilomètres. Mais comment faire définitivement demi tour lorsque cette voix masculine derrière vous vous appelle et vous dit de venir la voir, là un petit peu, près, oui tout près. C'est comme un "Coucou je suis encore là" qui montre qu'il n'oublie pas, comme un "Rappelle toi", un "Rappelle toi" de tout ça, de tout ce qu'il y a eu avant, tout ce qui s'est passé, d'une chaleur humaine rassurante près d'un coeur si fébrile. C'était beau, bon, douillet, réconfortant, envoutant. Un "rappelle toi" de tout ce que tu refoules, un "rappelle toi" de tout ce que tu tentes d'ignorer. Un "Ne pars pas, reste encore un peu là", qui te fait faire un peu marche arrière, un pas, puis un autre, puis on reprend le chemin disparu, reculer et réavancer, oui juste quelques mètres encore. Et OFF. La voix disparait. Plus personne, plus aucunes paroles guidantes. Tout redevient sombre, froid et silencieux. Seule une fois encore, seule et perdue. Puis avancer en tatonnant de la main, à l'affût du moindre murmure susceptible de se révéler comme un nouvel appel. Mais il n'est rien. Paranoïa, lapsus, tout y passe, mais personne ne revient, personne ne rappelle, personne ne retient.
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___ Justine, 17 ans, le coeur arraché, l'esprit tourmenté. Et c'est de ce jeune âge qu'elle voit s'éloigner celui qui aura été pour elle Homme de sa vie. Les lèvres endoloris, les mains abimés, le regard fatigué, elle dit désormais aurevoir à l'amour et ferme sont coeur à double tour. Elle jette les clés loin, bien loin, là où personne ne saura chercher, là où personne ne saura trouver. Elle n'est plus amoureuse mais reste meurtrie par les coup que ce criminel lui aura imposé. Elle se méfie désormais de chaque regard cherchant le sien, de chaque main posée sur son corps, de chaque parole suggérant plus qu'elle n'en dit. Au fond, rien n'a jamais changé, et rien ne changera. Elle le sait. Je le sais.
